La standardisation de l’affichage dynamique est en marche

Vous êtes nouveau sur le site, vous ne connaissez pas grand-chose à l'affichage dynamique ? Commencez par cet article : Comprendre l’affichage dynamique en 5 minutes.


la-standardisation-de-laffichage-dynamique-est-en-marcheUn des articles de ce blog, Trop de prestataires dans l’affichage dynamique signale que le marché de l’affichage dynamique se caractérise par une offre très importante mais que le marché mondial ne peut accueillir à terme tous les prestataires.

Plus concrètement, on assiste à une bataille sans merci entre les solutions, les logiciels et les entreprises d’affichage numérique en France comme à l’étranger.

Une demande très diversifiée

En plus d’une offre importante, la demande est très diversifiée.

En d’autres termes, il existe de nombreux clients potentiels qui souhaitent installer des écrans dynamiques mais ils ont tous des besoins bien différents, de la multinationale à la PME, de la chaîne de grande distribution au petit commerçant.

Et comme aucune entreprise ne peut répondre à tous ces besoins en même temps et de manière optimale, les prestataires se sont multipliés pour tenter d’y répondre.

Le facteur géographique

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Le facteur géographique permet aussi de comprendre l’état actuel du marché du digital signage.

Il y a quelques années, personne ne savait ce qu’était l’affichage dynamique et je me demande si cela a vraiment changé ;). Les entreprises, et notamment les commerçants, ont simplement constaté qu’il y avait de plus en plus d’écrans dans leur environnement.

Dans de nombreux cas, ces commerçants ont alors appelé la boîte d’informatique ou de communication la plus proche pour savoir comment il fallait faire pour avoir un écran avec des promotions qui défilent.

Et c’est comme ça que, partout en France, au même moment, de nombreuses entreprises ont eu un client avant même d’avoir un produit d’affichage digital à leur vendre (ce qui n’arrive que sur des marchés à fort potentiel).

Le résultat a été que dans tout le pays et pratiquement en même temps, des dizaines de prestataires se sont lancés dans la fabrication, la vente, le développement de players, de logiciels d’affichage dynamique… Avec autant d’acteurs, on peut parler de fragmentation.

La naissance du standard OPS

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L’OPS – Open Pluggable Système – Source Photo : NEC

Le marché du digital signage aux Etats-Unis se caractérise aussi par cette fragmentation du marché depuis plusieurs années.

Alors, dès 2010, Intel et d’autres gros acteurs comme NEC Display Solutions, Microsoft et Taiwan Digital Signage Special Interest Group, se sont rassemblés pour créer un système standard d’affichage dynamique, l’OPS (Open Pluggable System).

L’OPS

D’après le rapport publié par NEC et DigitalSignageToday (OPS is Changing the Digital Signage Landscape), l’OPS été créé « afin de favoriser la standardisation des conceptions et développements des boîtiers d’affichage dynamique, et de players à insérer branchables (pluggable media players) [afin de] remédier à la fragmentation du marché et de simplifier l’installation, l’utilisation, la maintenance et les mises à jour ».

Un système hybride

L’OPS est un système hybride.

Il s’inspire des deux systèmes d’affichage dynamique qui existent aujourd’hui sur le marché.

Au lieu d’utiliser un player externe branché à un écran ou d’utiliser un écran avec un player intégré, l’objectif du standard OPS est d’équiper les écrans d’une fente où tout player qui répond à la norme OPS peut être inséré.

Contrairement aux écrans avec players intégrés, qui sont apparus entre autres chez Samsung et LG, le système OPS permet alors de retirer facilement le player en cas de panne.

Il supprime également les besoins en câbles d’alimentation ou vidéos ou les systèmes de fixation sur l’écran (qui sont nécessaires dans l’utilisation de players externes) puisqu’il suffit de clipser le player dans son logement, comme une carte mémoire.

Diversité vs Standardisation, quels impacts ?

La norme OPS va avoir un impact sur les acheteurs, sur l’industrie de l’affichage dynamique en général et sur chaque prestataire individuel.

L’impact pour les acheteurs

Avec aujourd’hui autant d’offres, de solutions et de combinaisons possibles, la diversité n’est certainement pas un atout : c’est autant de temps que l’acheteur doit passer à étudier les différentes offres.

Or faire un choix peu renseigné, rapide ou arbitraire peut être fatal : une fois le réseau en place, il s’avère très coûteux de changer de prestataire !

A l’inverse, la généralisation de l’OPS simplifiera la comparaison des offres entre les prestataires (l’élément matériel entrant moins en compte ou, en tout cas, étant plus facile à comparer). D’autre part, un mauvais choix n’aura pas d’aussi graves conséquences :  il sera très facile et moins coûteux de passer d’un système à un autre au niveau matériel.

L’impact pour le secteur de l’affichage dynamique

De manière pratique, dans un monde où la logistique est un élément de différenciation, avoir des objets ou des produits standardisés facilite le transport et l’entreposage. C’est un gain de temps pour l’industrie dans son ensemble.

Sur un versant plus psychologique, il a été démontré par le docteur Sheena Iyengar, comme le rappelle Nicolas Jourmet, que proposer différentes sortes « de confitures au public d’un supermarché déclenchait plus d’achats lorsque l’échantillon était restreint (6) que lorsqu’il était plus nombreux (18)[1] ».

Lors d’un choix entre plusieurs options, le consommateur n’est donc pas tant guidé par le désir de faire le bon choix mais plutôt par le désir de ne pas faire le mauvais.

Car « choisir entre trois objets, c’est renoncer à deux autres. Choisir entre vingt objets, c’est renoncer à dix-huit autres. Toute décision étant susceptible d’entraîner des regrets, plus le choix est grand, plus l’éventualité de regrets est grande ».

L’article conclut : « Les acheteurs de confiture ont donc été plus nombreux à renoncer. »

Alors il est tout à fait probable que la même chose se produise sur le marché de l’affichage dynamique. L’abondance d’offres empêche potentiellement certains acheteurs de passer à l’acte.

Ainsi, une standardisation qui réduira le choix possible de prestataires, et donc de regrets éventuels, permettrait de booster le marché de l’affichage dynamique dans son ensemble.

L’impact pour les prestataires actuels

Les avantages pour l’utilisateur final et pour l’industrie dans son ensemble ne doivent pas cacher la réalité stratégique de toute standardisation : c’est-à-dire le passage d’un marché aux multiples acteurs à un marché concentré entre quelques-uns seulement de ces acteurs.

Si l’OPS venait à se généraliser, chaque entreprise aurait tout intérêt à adapter ses boîtiers aux normes OPS.

Mais cette adaptation ne sera pas toujours possible.

Nombres de start-ups ou d’entreprises qui se sont lancées dans le secteur de l’affichage numérique ont investi d’énormes ressources en temps ou en argent pour développer leur propre produit.

De nombreuses entreprises n’auront tout simplement pas les fonds suffisants pour financer l’adaptation de leur produit ou le coût des expertises OPS. En plus de cela, abandonner leur produit originel mènera les prestataires à perdre la différenciation stratégique ou technique qui leur avait permis jusque-là de tenir une place sur le marché malgré la présence des gros acteurs.

Conclusion

Les enjeux de la norme ou de la standardisation de l’OPS sont semblables aux enjeux de toute nouvelle norme ou standardisation, c’est-à-dire l’occasion d’éliminer une multitude de petits concurrents et de prendre de l’avance sur des concurrents plus sérieux.

Etre le précurseur d’une standardisation, c’est maîtriser la technologie et les conditions futures de son marché, ses enjeux et ses secrets. C’est donc prendre une avance considérable sur le marché et sur ses concurrents.

Pourtant, toutes les tentatives de standardisation n’aboutissent pas forcément et l’avenir de l’OPS n’est donc pas assuré.

Quoiqu’il en soit, à un moment ou à un autre, il est certain que le secteur de l’affichage dynamique assistera à une concentration de ses acteurs et à une standardisation de ses pratiques.

[1] Nicolas Jourmet, Les paradoxes de la liberté de choisir, nov. 2015, Sciences Humaines, n°275, p 37.

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La Rédaction du Blog Affichage Dynamique

Ecrit par La Rédaction du Blog Affichage Dynamique

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